Dossier de fond

La DDPP en Île-de-France : rôle, contrôle des restaurants et adresses des huit directions

La DDPP, direction départementale de la protection des populations, est le service de l'État qui contrôle l'hygiène des restaurants dans chaque département. Placée sous l'autorité du préfet, elle est née en 2010 du rapprochement des services vétérinaires et de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Depuis le 1er janvier 2024, la sécurité sanitaire des aliments relève du seul ministère de l'Agriculture, piloté par la DGAL ; la DGCCRF garde la loyauté de l'information. L'Île-de-France compte huit DDPP, une par département. Leurs inspecteurs suivent une méthode publique, le vade-mecum de la DGAL, et le résultat est publié sur Alim'confiance pendant un an.

Cette page rassemble ce que les textes et les sites officiels disent de la DDPP, avec les coordonnées des huit directions franciliennes relevées sur l'annuaire de l'administration. Audit Hygiène n'est pas la DDPP et n'agit ni pour elle ni pour aucun service de l'État : c'est un label privé indépendant, qui audite les restaurants à leur demande.

Mis à jour le · Rédaction : équipe Audit Hygiène (HNC SAS)

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Un audit test, établissement fictif : la note sur 100, les résultats par pièce, le plan de mise en conformité et une fiche d'écart. Extrait de 5 pages en PDF.

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Création ou reprise, avant l’arrivée du stock
43 à 45 points
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Établissement ouvert
71 à 80 points
Audit Urgence
1 090 € HT
Contrôle défavorable ou imminent
71 à 80 points

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Qu'est-ce que la DDPP ?

La direction départementale de la protection des populations est un service déconcentré de l'État à compétence interministérielle. Le décret n° 2009-1484 du 3 décembre 2009 en fixe le cadre. Son article 1er place les directions départementales interministérielles sous l'autorité du préfet de département et les rattache au ministre de l'intérieur. Son article 5 énumère les compétences de la DDPP : la conformité, la qualité et la sécurité des produits et prestations, l'hygiène et la sécurité des produits alimentaires, la santé et l'alimentation animales, la protection des animaux, la loyauté des transactions et l'égalité d'accès à la commande publique.

L'annuaire de l'administration résume ces compétences en quatre grandes missions, rédigées de la même façon pour chaque département : surveillance sanitaire et protection animales, sécurité sanitaire des aliments, concurrence, consommation et répression des fraudes, prévention des risques environnementaux. Pour un restaurant, c'est la deuxième qui compte au quotidien. C'est elle qui conduit les inspections d'hygiène, reçoit la déclaration d'activité, traite les alertes sanitaires et enquête sur les suspicions d'intoxication collective.

Dans une partie des départements français, ces missions sont confiées à une direction plus large, la direction départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (article 2 du décret). Ce n'est pas le cas en Île-de-France, où chaque département a sa DDPP. L'annexe 1 du décret cite l'Essonne, la Seine-et-Marne, le Val-d'Oise et les Yvelines parmi les départements dotés d'une DDPP distincte ; pour Paris et la petite couronne, l'article 22 renvoie au décret n° 2010-687 du 24 juin 2010 propre aux services de l'État en Île-de-France.

DDPP, DGAL, DGCCRF, DRIAAF, services vétérinaires : qui fait quoi

Cinq sigles reviennent dans les courriers et les conversations de cuisine. Ils ne désignent pas cinq contrôleurs différents, mais les étages d'une même organisation : un niveau national qui fixe les règles et la méthode, un niveau régional qui coordonne, un niveau départemental qui inspecte et décide. Le tableau ci-dessous les situe à partir des pages officielles des ministères.

L'expression « services vétérinaires » désigne l'ancienne direction départementale des services vétérinaires, la DDSV. Elle a disparu en 2010, fondue dans la DDPP avec la direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes et le service des installations classées de la préfecture. Le mot survit pourtant : les organigrammes des DDPP des Hauts-de-Seine et de la Seine-Saint-Denis signalent encore « services vétérinaires » les services santé et protection animales et sécurité sanitaire des aliments. Un restaurateur qui dit avoir reçu les services vétérinaires a donc reçu la DDPP.

Certaines communes disposent enfin d'un service communal d'hygiène et de santé. L'instruction technique DGAL/SDSSA/2019-504 du 5 juillet 2019 organise la participation des services communaux volontaires au dispositif Alim'confiance, avec les mêmes outils que les inspecteurs de la DGAL et la même politique de suites administratives.

Les services de l'État qui interviennent sur l'hygiène d'un restaurant en Île-de-France
SigleNom completRôle pour un restaurant
DGALDirection générale de l'alimentation, ministère de l'AgricultureDéfinit et pilote la politique de sécurité sanitaire des aliments, fixe les méthodes d'inspection et les instructions techniques
DRIAAFDirection régionale et interdépartementale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt d'Île-de-FranceAnime et coordonne les DDPP de la région, organise la délégation d'une partie des inspections, publie la liste des organismes autorisés pour la formation hygiène en restauration commerciale
DDPPDirection départementale de la protection des populations, une par départementInspecte les restaurants, reçoit la déclaration d'activité et les alertes, prend les décisions qui suivent un contrôle
DGCCRFDirection générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, ministère de l'ÉconomieLoyauté : étiquetage, mentions valorisantes, allégations de qualité ou d'origine ; ses agents départementaux travaillent au sein des DDPP
DDSV (« services vétérinaires »)Ancienne direction départementale des services vétérinairesFondue dans la DDPP en 2010 ; l'expression désigne aujourd'hui les services de la DDPP issus de la filière vétérinaire
Source : Ministère de l'Agriculture, « Sécurité des aliments : qui contrôle quoi ? », 20 février 2026, DRIAAF Île-de-France, missions, DGCCRF, 15 décembre 2023, annuaire de l'administration, DDPP des Hauts-de-Seine, consultés le 6 octobre 2026.

Ce qui a changé depuis la création des DDPP

La création des DDPP, en 2010, a d'abord réuni sous un même toit deux administrations qui contrôlaient souvent les mêmes restaurants avec des angles différents : les services vétérinaires pour l'hygiène, la concurrence et les fraudes pour la loyauté et une partie de la sécurité des aliments. Ce partage des tâches entre la DGAL et la DGCCRF a pourtant duré jusqu'en 2023.

Le vrai tournant date de 2024. Le gouvernement a décidé en 2022 de confier toute la sécurité sanitaire des aliments à une police unique, placée sous l'égide du ministère de l'Agriculture. Selon la DGCCRF, ses agents se sont retirés des contrôles en production au 1er septembre 2023 et des contrôles en remise directe, c'est-à-dire chez les commerçants et restaurateurs qui servent le consommateur final, au 31 décembre 2023. Depuis le 1er janvier 2024, l'hygiène de votre cuisine relève donc des seuls agents du ministère de l'Agriculture, tandis que la DGCCRF reste compétente pour l'étiquetage, les mentions valorisantes et les allégations de qualité ou d'origine.

La même réforme a ouvert la délégation d'une partie des inspections à des organismes tiers. Le ministère de l'Agriculture annonçait en mai 2023 un objectif de hausse de 80 % des inspections en remise directe, soit 100 000 contrôles par an. En Île-de-France, la DRIAAF indiquait en janvier 2024 que cette délégation était confiée à la société Bureau Veritas Exploitation, que plus de 10 000 inspections seraient déléguées dans la région en 2024, et que toute décision administrative ou mesure pénale continuerait d'émaner de la DDPP. L'instruction de programmation des inspections de 2026 range toujours la restauration commerciale traditionnelle et rapide parmi les secteurs concernés par une délégation partielle.

Les étapes de l'organisation des contrôles d'hygiène depuis 2010
DateChangementSource
2010Création des DDPP par rapprochement de la DDSV, de la DDCCRF et du service des installations classées de la préfectureAnnuaire de l'administration
6 mai 2022Création d'une police unique de la sécurité sanitaire des aliments actée par le Premier ministreDRIAAF Île-de-France
1er janvier 2023La DGAL devient compétente sur l'ensemble de la réglementation et des contrôles de sécurité sanitaire de l'alimentationMinistère de l'Agriculture, 15 mai 2023
1er septembre 2023Les agents CCRF se retirent des contrôles des établissements de productionDGCCRF, 15 décembre 2023
31 décembre 2023Les agents CCRF se retirent des contrôles en remise directe (restaurants, commerces de bouche)DGCCRF, 15 décembre 2023
1er janvier 2024Police unique pleinement effective ; délégation d'une partie des inspections de remise directe à des organismes tiersDRIAAF Île-de-France
17 juin 2026La restauration commerciale traditionnelle et rapide figure parmi les sous-axes concernés par une délégation partielleInstruction technique DGAL/SDPRS/2026-340
Source : Annuaire de l'administration, DRIAAF, délégation des contrôles au 1er janvier 2024, ministère de l'Agriculture, communiqué du 15 mai 2023, DGCCRF, 15 décembre 2023, instruction technique DGAL/SDPRS/2026-340 du 17 juin 2026, page 12.

Ce que la DDPP contrôle dans un restaurant

Le vade-mecum général de la DGAL définit le contrôle officiel comme l'examen de la conformité d'un établissement aux textes auxquels il est soumis, c'est-à-dire la réglementation et son propre plan de maîtrise sanitaire, complété par la notification des suites décidées au vu des constats. Il distingue deux volets complémentaires. L'inspection « physique » examine à un instant donné les locaux, les équipements, les denrées et les pratiques. L'audit du plan de maîtrise sanitaire vérifie que vos choix sont justifiés, que vous appliquez et surveillez votre plan, que vous en vérifiez l'efficacité, et tient compte des antécédents de l'établissement.

Pour un restaurant, la grille utilisée est celle du vade-mecum sectoriel « remise directe », version 3 de septembre 2026, qui s'applique expressément aux établissements de restauration commerciale et se lit avec le vade-mecum général. Elle compte six chapitres, présentés dans le tableau ci-dessous. Chaque point de contrôle y porte un numéro de ligne, et chaque item s'accompagne d'une liste de situations qui conduisent à une note C ou D.

La loyauté de ce que vous annoncez au client, comme l'origine d'une viande ou une mention valorisante sur la carte, relève d'un autre angle, porté par les agents de la concurrence et des fraudes. Les deux regards peuvent se croiser dans la même direction départementale, mais ils ne reposent pas sur les mêmes textes.

Les six chapitres de la grille d'inspection appliquée aux restaurants
ChapitreIntituléItems
AIdentification de l'établissementLignes AL01 à AL03
BLocaux et équipementsConception et circuits, équipements, lutte contre les nuisibles, maintenance, nettoyage et désinfection (B1 à B5)
CMaîtrise de la chaîne de productionAnalyse des dangers, points déterminants, contrôle à réception, températures de conservation et autres mesures de maîtrise, eau, produits finis, affichage et étiquetage (C1 à C7)
DTraçabilité et gestion des non-conformitésSystème de traçabilité et archivage des documents, réactivité (D1 et D2)
EGestion des déchets et des sous-produits animauxDéchets, sous-produits animaux (E1 et E2)
FGestion du personnelHygiène et équipements du personnel, formation et instructions (F1 et F2)
Source : DGAL, vade-mecum sectoriel remise directe, version 3, septembre 2026, table des matières.

Comment se passe une inspection de la DDPP

Le vade-mecum général impose un ordre précis : préparation, réunion d'ouverture, audit et inspection physique, restitution orale en réunion de clôture, puis rédaction et notification du rapport et des suites éventuelles. Avant de venir, l'inspecteur relit le dossier de l'établissement : déclaration, rapports précédents et non-conformités relevées, suites déjà données, résultats d'analyses, historique d'intoxications.

Un contrôle programmé est « en règle générale » réalisé de façon inopinée, sans que l'exploitant soit prévenu. Il peut l'être lorsque c'est nécessaire ou prévu par un texte, par exemple après un changement important du plan de maîtrise sanitaire ou des installations ; l'exploitant est alors informé de l'objet de la visite, du temps envisagé, des personnes qui doivent être présentes et des documents à préparer. D'autres contrôles ont lieu hors programmation : réponse à une demande ponctuelle, alerte, enquête après une intoxication collective, ou contrôle de suivi pour vérifier la correction d'une non-conformité, le plus souvent après une mise en demeure.

À son arrivée, l'inspecteur présente sa carte professionnelle et demande qu'un responsable l'accompagne. Il rappelle les conclusions du contrôle précédent, demande ce qui a été fait depuis et ce qui a changé dans l'établissement. Lors d'un contrôle complet, il demande aussi si l'établissement est certifié ou s'il réalise des audits internes ou externes ; si oui, il en consulte les conclusions pour vérifier que les écarts relevés ont été corrigés.

L'inspecteur choisit ensuite l'ordre de sa visite : en partant d'un produit et en remontant sa fabrication, en suivant la marche en avant, en commençant par l'inspection physique avant les documents, ou thème par thème. Il mesure avec des thermomètres étalonnés, peut photographier, prélever, demander copie de documents et accéder aux données informatiques. Il peut rappeler la réglementation et les résultats attendus, mais le vade-mecum précise qu'il « ne dispensera pas de conseil » : les moyens d'atteindre ces résultats relèvent de votre responsabilité. Faire obstacle au contrôle constitue un délit au sens de l'article L. 205-11 du code rural et de la pêche maritime, cité par le vade-mecum.

Le déroulé d'un contrôle officiel selon le vade-mecum général de la DGAL
ÉtapeCe que prévoit la méthode
1. PréparationLecture de la déclaration, des rapports et suites précédents, des analyses et de l'historique d'intoxications ; contrôle en règle générale inopiné
2. Réunion d'ouverturePrésentation de la carte professionnelle, rappel du contrôle précédent, questions sur les changements, sur une éventuelle certification et sur les audits réalisés
3. Audit et inspection physiqueOrdre choisi par l'inspecteur ; mesures avec matériel étalonné, photographies, prélèvements, copie de documents
4. Réunion de clôtureRestitution orale des points positifs et des principales non-conformités, pièces manquantes, plan d'action, suites possibles, information sur Alim'confiance
5. Rapport et suitesRapport d'inspection sans décision ; décisions consignées dans un courrier joint, signé par une personne habilitée
Source : DGAL, vade-mecum général, version 7, septembre 2026, contenu identique à la version 4 d'octobre 2024, partie « Déroulement du contrôle officiel ».

Les documents que l'inspecteur peut demander

Le vade-mecum général rattache l'examen documentaire à l'article 14 du règlement (UE) 2017/625 : examen des contrôles mis en place par l'exploitant et de leurs résultats, des documents et des données de traçabilité. Il précise un point utile : en l'absence de modification déclarée ou constatée depuis la dernière visite, et hormis les enregistrements et la gestion des non-conformités dont le contrôle reste obligatoire, le contrôle des autres documents est facultatif s'ils ont déjà été jugés conformes lors des contrôles précédents.

Le rapport mentionne la liste des documents examinés, avec leur type et la période concernée. Le vade-mecum note que cette pratique convient bien aux petits établissements qui bénéficient de mesures de flexibilité et ne disposent que d'un faible nombre de documents. Un dossier court mais exact se défend donc mieux qu'un classeur épais que personne ne tient.

Pour savoir quoi préparer, notre dossier documents obligatoires en restaurant reprend, document par document, ce qui est obligatoire, conseillé ou nécessaire selon le cas, avec le texte qui l'impose : déclaration d'activité, formation hygiène, plan de maîtrise sanitaire, lutte contre les nuisibles, plan de nettoyage, relevés de température, étiquettes et bons de livraison, consigne en cas de produit rappelé, allergènes de vos plats, et les autres. Le détail est développé dans le dossier documents obligatoires en restaurant.

La note de l'inspection et Alim'confiance

Chaque item de la grille reçoit une lettre. A signifie conforme, défauts minimes compris. B est une non-conformité mineure, sans risque de mise sur le marché de denrées non conformes ou dangereuses. C est une non-conformité moyenne, qui présente un risque augmenté, et D une non-conformité majeure, qui présente un risque élevé. Les chapitres sont notés à leur tour, puis l'établissement reçoit une évaluation globale, de A, « maîtrise des risques satisfaisante », à D, « perte de maîtrise des risques », qui doit entraîner sans délai les décisions administratives qui s'imposent.

Le résultat rendu public n'est pas la lettre mais une mention, définie par l'article D. 231-3-11 du code rural et de la pêche maritime. Les articles voisins précisent que sont publiés le nom et l'adresse de l'établissement, la date du dernier contrôle et cette mention, attribuée à l'exploitant identifié par son numéro SIRET, et qu'ils restent en ligne un an à compter du contrôle. Avant l'attribution de l'une des trois mentions les moins favorables, l'exploitant est informé de l'appréciation envisagée et dispose de 15 jours pour présenter ses observations.

L'affichage en vitrine est une possibilité, pas une obligation : la page du ministère indique que les restaurants « ont la possibilité » d'afficher leur niveau d'hygiène, sur une affichette transmise par les services départementaux. Si vous choisissez de l'afficher, le vade-mecum remise directe vérifie qu'elle est visible, non falsifiée, qu'elle correspond à votre établissement et à votre dernier contrôle, et qu'elle reste en place un an. Falsifier l'affichette conduit à une note C sur l'item correspondant.

Les quatre mentions publiées sur Alim'confiance
MentionSituation prévue par le texte
Niveau d'hygiène très satisfaisantAucune non-conformité, ou uniquement des non-conformités mineures
Niveau d'hygiène satisfaisantNon-conformités ne justifiant pas de mesure de police administrative mais donnant lieu à une lettre d'avertissement ; ou établissement évalué favorablement au contrôle de suivi après une mise en demeure, une fermeture, un retrait ou une suspension
Niveau d'hygiène à améliorerExploitant mis en demeure de procéder à des mesures correctives dans un délai fixé par l'administration
Niveau d'hygiène à corriger de manière urgenteNon-conformités susceptibles de mettre en danger la santé du consommateur, avec fermeture administrative, retrait ou suspension de l'agrément sanitaire
Source : Code rural et de la pêche maritime, articles D. 231-3-8 à D. 231-3-12, version en vigueur au 6 octobre 2026 ; ministère de l'Agriculture, Alim'confiance, 27 mars 2026.

Les suites possibles après un contrôle

Le rapport d'inspection ne contient aucune décision. Selon le vade-mecum général, les décisions sont consignées dans un courrier joint au rapport et signé par une personne habilitée. L'instruction technique DGAL/SDSSA/2019-504 donne la correspondance habituelle entre l'évaluation globale et les suites : simple transmission du rapport pour un A, avertissement ou rappel réglementaire pour un B, injonction de mise en conformité ou mise en demeure pour un C, fermeture ou arrêt d'activité pour un D. La mention Alim'confiance découle de la suite réellement donnée, pas de la lettre seule.

Le ministère de l'Agriculture décrit les autres mesures possibles en cas de manquement : suspension de la commercialisation, retrait ou rappel d'un produit, destruction de denrées, obligation de prendre des mesures dans un délai restreint comme un nettoyage complet, et, dans les cas les plus graves, suspension d'activité ou fermeture en urgence. La DDPP peut aussi proposer au procureur de la République des poursuites pénales lorsque les contrôles révèlent des infractions graves.

Une décision qui vous est défavorable se conteste. Le courrier indique les voies et délais de recours. Un recours gracieux s'adresse à l'auteur de la décision, un recours hiérarchique à son supérieur, dans un délai de deux mois en métropole ; l'envoi interrompt le délai pour saisir le tribunal administratif. Saisir le juge n'empêche pas la décision de s'appliquer : pour éviter des effets graves, il existe une procédure de référé. Le détail figure dans contester un rapport de contrôle.

Évaluation globale, suite administrative et mention publiée : la correspondance habituelle
Évaluation globaleSuite administrativeMention Alim'confiance
A : maîtrise des risques satisfaisanteSimple transmission du rapport d'inspectionTrès satisfaisant
B : maîtrise des risques acceptableAvertissement (rappel réglementaire)Satisfaisant
C : maîtrise des risques insuffisanteInjonction de mise en conformité (ou mise en demeure)À améliorer
D : perte de maîtrise des risques (urgence)Fermeture ou arrêt d'activitéÀ corriger de manière urgente
Source : Instruction technique DGAL/SDSSA/2019-504 du 5 juillet 2019, page 4 ; vade-mecum général, version 7, septembre 2026.

Les huit DDPP d'Île-de-France : adresses et contacts

Les coordonnées ci-dessous ont été relevées le 6 octobre 2026 sur l'annuaire de l'administration, mis à jour par la direction de l'information légale et administrative entre juin et septembre 2026. Elles priment sur des pages plus anciennes : la liste publiée par la DRIAAF, mise à jour pour la dernière fois en janvier 2022, donne encore d'autres adresses ou numéros de téléphone pour l'Essonne, la Seine-Saint-Denis et le Val-d'Oise.

Les conditions d'accueil varient. L'annuaire indique un accueil uniquement sur rendez-vous dans les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne, un accueil téléphonique le matin de 9 h à 12 h dans les Yvelines, et des plages d'ouverture différentes d'une direction à l'autre. Appelez ou écrivez avant de vous déplacer, en rappelant votre numéro SIRET et l'adresse de votre établissement.

Coordonnées officielles des huit DDPP d'Île-de-France
DépartementAdresseTéléphoneCourrielPage détaillée
Paris (75)8 rue Froissart, 75003 Paris01 40 27 16 00ddpp@paris.gouv.frDDPP de Paris
Seine-et-Marne (77)Cité administrative, bâtiment A, 20 quai Hippolyte, 77000 Melun01 64 41 37 00ddpp@seine-et-marne.gouv.frDDPP de Seine-et-Marne
Yvelines (78)143 boulevard de la Reine, 78000 Versailles01 39 49 77 70ddpp@yvelines.gouv.frDDPP des Yvelines
Essonne (91)Boulevard de France, Georges Pompidou, 91010 Évry-Courcouronnes01 69 87 31 00ddpp@essonne.gouv.frDDPP de l'Essonne
Hauts-de-Seine (92)Centre administratif départemental, 167 avenue Joliot-Curie, 92000 Nanterre01 40 97 46 00ddpp@hauts-de-seine.gouv.frDDPP des Hauts-de-Seine
Seine-Saint-Denis (93)Immeuble L'Européen, 5-7 promenade Jean-Rostand, 93000 Bobigny01 41 60 65 65ddpp@seine-saint-denis.gouv.frDDPP de Seine-Saint-Denis
Val-de-Marne (94)3 bis rue des Archives, 94000 Créteil01 45 13 92 30ddpp@val-de-marne.gouv.frDDPP du Val-de-Marne
Val-d'Oise (95)Préfecture du Val-d'Oise, 5 avenue Bernard-Hirsch, 95010 Cergy-Pontoise01 34 20 95 95ddpp@val-doise.gouv.frDDPP du Val-d'Oise
Source : Annuaire de l'administration, fiches Paris, Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Val-d'Oise, consultées le 6 octobre 2026.

Vos démarches auprès de la DDPP

La première est la déclaration d'activité. Le formulaire Cerfa 13984*06 doit être adressé à la DDPP avant l'ouverture, puis à chaque changement d'exploitant, d'adresse ou d'activité. Il se remplit en ligne sur le site Mes démarches du ministère de l'Agriculture ou sur papier. Le pas à pas se trouve dans le dossier consacré au Cerfa 13984 pour un restaurant.

La deuxième est l'alerte. Si une denrée que vous avez servie ou cédée peut présenter un danger, ou si un autocontrôle révèle une situation inhabituelle et non maîtrisée, vous avez une obligation d'information. Le ministère de l'Agriculture a fusionné les deux procédures dans un formulaire unique, le Cerfa 16243*01, à transmettre par courrier électronique à la DDPP du département où se situe votre activité.

La troisième concerne la formation. La restauration commerciale traditionnelle, les cafétérias et la restauration rapide doivent justifier qu'au moins une personne de l'établissement a suivi la formation spécifique en hygiène alimentaire, sauf diplôme reconnu ou expérience d'au moins trois ans comme gestionnaire ou exploitant. En Île-de-France, la DRIAAF publie la liste des organismes autorisés ; la plus récente figure dans l'arrêté IDF-2026-07-28-00001 du 28 juillet 2026.

Se préparer à une inspection sans attendre la DDPP

L'inspecteur vient constater, pas conseiller : c'est la règle que fixe sa propre méthode. Le moment utile pour savoir où vous en êtes se situe donc avant sa visite. C'est le rôle d'un audit sur place : un auditeur parcourt votre établissement en toute discrétion, pendant que le service continue, et contrôle les quatre-vingts points de notre grille répartis en six chapitres, chacun rattaché à la réglementation d'hygiène en vigueur.

Vous recevez un rapport complet, avec une note, les constats point par point et un plan d'action classé par priorité. Chaque écart y porte le correctif attendu et la preuve à constituer, écrits en français courant, pour que la personne qui tient la cuisine puisse l'appliquer seule. La prestation s'arrête là : vous appliquez ensuite la liste vous-même, à votre rythme et avec vos propres moyens.

Audit Hygiène est un label privé indépendant. Ce n'est ni une certification officielle, ni un agrément d'État, ni un contrôle de la DDPP, et nous ne sommes pas un organisme délégataire de l'État. Un rapport d'audit privé n'a aucune valeur administrative et ne garantit pas l'issue d'une inspection, qui appartient aux services de l'État. Le cabinet intervient partout en Île-de-France, dans les huit départements, et le devis est établi avant intervention, après un échange de quelques minutes.

Questions fréquentes

La DDPP prévient-elle avant de contrôler un restaurant ?
En règle générale, non. Le vade-mecum général de la DGAL prévoit qu'un contrôle programmé est réalisé de façon inopinée, sans que l'exploitant soit prévenu. Il peut l'être lorsque c'est nécessaire ou prévu par un texte, par exemple après un changement important du plan de maîtrise sanitaire ou des installations : l'exploitant est alors informé de l'objet de la visite, du temps envisagé, des personnes à prévoir et des documents à mettre à disposition. Les enquêtes après alerte ou intoxication sont, elles aussi, souvent inopinées.
La DDPP et les services vétérinaires, est-ce la même chose ?
Oui, pour un restaurant. Les directions départementales des services vétérinaires ont disparu en 2010, fondues avec les services de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes dans les DDPP. L'expression survit dans le langage courant et même dans certains organigrammes, où les services santé et protection animales et sécurité sanitaire des aliments portent encore la mention « services vétérinaires ». L'interlocuteur officiel reste la DDPP de votre département.
Un contrôleur d'un organisme privé peut-il inspecter mon restaurant au nom de l'État ?
Oui, depuis le 1er janvier 2024, une partie des inspections en remise directe est déléguée à des organismes tiers qui agissent pour le compte de l'État. En Île-de-France, la DRIAAF indiquait en janvier 2024 que cette délégation était confiée à Bureau Veritas Exploitation. Les contrôleurs délégataires appliquent la même méthode, portent une carte professionnelle, et toute décision administrative reste prise par la DDPP. Un refus de contrôle est traité comme s'il visait un agent de l'État.
L'inspecteur de la DDPP peut-il me dire comment corriger un écart ?
Il peut rappeler la réglementation, les objectifs et les résultats attendus, mais le vade-mecum général précise qu'il « ne dispensera pas de conseil ». Les moyens à mettre en œuvre relèvent de la responsabilité du professionnel. La réunion de clôture reste le bon moment pour comprendre les non-conformités relevées, signaler une pièce manquante et discuter d'un plan d'action, que vous pourrez ensuite construire avec vos propres ressources.
Combien de temps mon résultat reste-t-il publié sur Alim'confiance ?
Un an à compter de la date du contrôle. L'article D. 231-3-10 du code rural et de la pêche maritime prévoit que le nom de l'établissement, son adresse, la date du dernier contrôle et la mention relative au niveau d'hygiène restent disponibles pendant cette durée. La mention est attribuée à l'exploitant identifié par son numéro SIRET. Un nouveau contrôle donne lieu à une nouvelle publication.
Suis-je obligé d'afficher mon niveau d'hygiène en vitrine ?
Non. La page du ministère de l'Agriculture indique que les restaurants ont la possibilité d'afficher leur niveau d'hygiène, sur une affichette transmise par les services départementaux de l'État. Si vous l'affichez, le vade-mecum remise directe demande qu'elle soit visible, non falsifiée, qu'elle corresponde à votre établissement et au dernier contrôle, et qu'elle reste en place un an. Une affichette falsifiée conduit à une note C sur l'item concerné.
Puis-je contester la mention avant sa publication ?
Oui, pour les trois mentions les moins favorables. L'article D. 231-3-11 du code rural et de la pêche maritime prévoit que l'exploitant est informé, avant l'attribution des mentions satisfaisant, à améliorer ou à corriger de manière urgente, de l'appréciation envisagée. Il dispose alors de 15 jours pour faire valoir ses observations sur la mention et sur sa publication. Répondez par écrit, pièces à l'appui, en montrant ce qui a été corrigé.
La DGCCRF contrôle-t-elle encore les restaurants ?
Plus pour l'hygiène. Depuis le 1er janvier 2024, la sécurité sanitaire des aliments relève des seuls services du ministère de l'Agriculture, et les agents CCRF se sont retirés des contrôles en remise directe au 31 décembre 2023. La DGCCRF reste en revanche compétente pour la loyauté : étiquetage, mentions valorisantes, allégations de qualité ou d'origine. Ses agents départementaux travaillent au sein des DDPP.
Quelle DDPP contacter quand mon restaurant est à Paris ?
La DDPP de Paris, installée 8 rue Froissart dans le 3e arrondissement, joignable au 01 40 27 16 00 et à ddpp@paris.gouv.fr selon l'annuaire de l'administration. Particularité parisienne, elle est rattachée à la préfecture de police, alors que les autres DDPP franciliennes relèvent du préfet de leur département. Les coordonnées des sept autres directions figurent dans le tableau de cette page.

Sources officielles

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