Dossier de fond
DDM et DLC : la différence, et ce qu'elle change dans votre cuisine
La date limite de consommation (DLC), introduite par la mention « à consommer jusqu'au », concerne les denrées microbiologiquement très périssables : une fois dépassée, la denrée est réputée dangereuse selon l'article 24 du règlement (UE) n° 1169/2011 et ne doit plus être servie. La date de durabilité minimale (DDM), introduite par « à consommer de préférence avant », est la date jusqu'à laquelle la denrée conserve ses propriétés spécifiques dans de bonnes conditions de conservation (article 2). Après la DDM, le produit peut perdre en goût ou en texture sans devenir dangereux, à condition que l'emballage soit intact, que la conservation ait été respectée et que le produit reste sain.
Confondre les deux dates coûte dans les deux sens : un produit encore bon part à la poubelle, ou un produit périmé reste en chambre froide jusqu'au jour du contrôle. Voici ce que disent exactement les textes, et la façon la plus simple de l'appliquer en cuisine.
Mis à jour le · Rédaction : équipe Audit Hygiène (HNC SAS)
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Que signifie DDM, la date de durabilité minimale ?
La date de durabilité minimale, abrégée en DDM, est définie à l'article 2, paragraphe 2, point r), du règlement (UE) n° 1169/2011 du 25 octobre 2011 : c'est « la date jusqu'à laquelle cette denrée alimentaire conserve ses propriétés spécifiques dans des conditions de conservation appropriées ». Elle parle donc de qualité. La DGCCRF la décrit comme la date jusqu'à laquelle la denrée conserve ses qualités organoleptiques, physiques, nutritives et gustatives. Elle ne trace pas une frontière entre un produit sûr et un produit dangereux.
Sur l'emballage, elle se reconnaît à sa formule, fixée par l'annexe X, point 1, du même règlement : « à consommer de préférence avant le… » lorsque la date indique le jour, « à consommer de préférence avant fin… » dans les autres cas. La précision de la date suit la durée de conservation du produit : le jour et le mois suffisent en dessous de trois mois, le mois et l'année entre trois et dix-huit mois, l'année seule au-delà de dix-huit mois.
Certains produits n'ont pas de DDM du tout, et ce n'est pas une anomalie d'étiquetage. L'annexe X, point 1 d), en dispense notamment les fruits et légumes frais qui n'ont été ni épluchés ni découpés, les vins, les boissons titrant 10 % d'alcool ou plus, les produits de boulangerie et de pâtisserie normalement consommés dans les vingt-quatre heures, les vinaigres, le sel de cuisine et les sucres à l'état solide. La dispense ne vaut pas pour les graines germantes, comme les jets de légumineuses.
Que signifie DLC, la date limite de consommation ?
La date limite de consommation remplace la DDM pour les denrées « microbiologiquement très périssables et qui, de ce fait, sont susceptibles, après une courte période, de présenter un danger immédiat pour la santé humaine ». La formule est celle de l'article 24, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 1169/2011. Le même paragraphe en tire la conséquence : au-delà de cette date, la denrée est dite dangereuse au sens de l'article 14 du règlement (CE) n° 178/2002.
La mention est fixée par l'annexe X, point 2 : « à consommer jusqu'au… », suivie de la date ou de l'endroit où elle figure, puis des conditions de conservation à respecter. La date indique le jour et le mois, éventuellement l'année, et elle figure sur chaque portion individuelle préemballée. La fiche de la DGCCRF précise qu'elle est fixée sous la responsabilité des professionnels au terme d'essais de vieillissement, et cite comme exemples les charcuteries, les viandes fraîches et les plats cuisinés réfrigérés.
Point essentiel pour une cuisine : la DLC ne vaut que si la conservation a été respectée. La DGCCRF le rappelle, la sécurité du produit au bout de sa DLC n'est garantie que si les conditions de conservation l'ont été. Une barquette restée hors du froid pendant la mise en place n'a plus la durée de vie imprimée sur son étiquette.
DDM ou DLC : le tableau des différences
Les deux dates répondent à deux questions distinctes. La DDM répond à « jusqu'à quand ce produit garde-t-il sa qualité ? », la DLC à « jusqu'à quand ce produit est-il sûr ? ». Le tableau reprend, ligne par ligne, ce que fixent les textes.
| Point de comparaison | DDM | DLC |
|---|---|---|
| Mention sur l'emballage | « À consommer de préférence avant le… » ou « avant fin… » | « À consommer jusqu'au… » |
| Produits concernés | Denrées préemballées, sauf les dispenses de l'annexe X, point 1 d) | Denrées microbiologiquement très périssables |
| Ce que la date indique | La date jusqu'à laquelle la denrée conserve ses propriétés spécifiques | La limite au-delà de laquelle la denrée peut présenter un danger immédiat |
| Après la date | Le produit peut avoir perdu une partie de ses qualités, sans risque si l'emballage n'est pas altéré | La denrée est dite dangereuse et ne peut plus être commercialisée |
| Précision de la date | Jour et mois, mois et année, ou année seule selon la durée de conservation | Jour et mois, éventuellement l'année |
| Texte | Règlement (UE) n° 1169/2011, art. 2, § 2, r), et annexe X, point 1 | Règlement (UE) n° 1169/2011, art. 24, § 1, et annexe X, point 2 |
Peut-on vendre ou servir un produit après sa DDM ?
Oui, aux conditions que les textes posent pour toute denrée. Aucun des textes lus pour cette page ne fait de la DDM une date limite de vente ou de service. Le règlement (UE) n° 1169/2011 ne déclare dangereuse que la denrée dont la DLC est dépassée (article 24). La DGCCRF le formule simplement : la DDM « n'a pas le caractère impératif de la DLC », et les denrées dont la DDM est dépassée peuvent être consommées sans risque pourvu que leur emballage n'ait pas été altéré.
La règle générale continue de s'appliquer. L'article 14 du règlement (CE) n° 178/2002 interdit de mettre sur le marché une denrée dangereuse, c'est-à-dire préjudiciable à la santé ou impropre à la consommation humaine. Servir un plat est une vente, donc une mise sur le marché au sens de l'article 3, point 8, du même règlement. Avant d'utiliser un produit dont la DDM est passée, vous vérifiez qu'il reste sain : emballage intact, conservation respectée, aspect, odeur et texture normaux. Pour une conserve, la DGCCRF conseille de regarder d'abord la boîte : une déformation, de la rouille ou un bombage peuvent révéler une altération.
Le droit européen va dans le même sens pour le don. Depuis le règlement (UE) 2021/382 du 3 mars 2021, le chapitre V bis de l'annexe II du règlement (CE) n° 852/2004 permet de redistribuer à des fins de don les denrées soumises à une DDM « jusqu'à cette date et après cette date », après avoir vérifié qu'elles ne sont pas préjudiciables à la santé, en tenant compte notamment de l'intégrité de l'emballage, des conditions d'entreposage et des conditions organoleptiques. Les denrées soumises à une DLC ne peuvent l'être qu'avant l'expiration de la date.
En France, l'article L. 412-7 du code de la consommation, issu de la loi n° 2020-105 du 10 février 2020, permet d'accompagner la DDM d'une mention indiquant que le produit reste consommable après cette date. L'article D. 412-7-1 en fixe les formules : « Pour une dégustation optimale, » placé avant la DDM, « Ce produit peut être consommé après cette date », ou les deux. Cette mention est facultative et concerne les denrées fabriquées et commercialisées sur le territoire national.
Une exception mérite votre attention : les aliments de diététique infantile. La DGCCRF rappelle que leur DDM garantit aussi les teneurs en vitamines et en minéraux, et qu'au-delà l'adaptation nutritionnelle n'est plus garantie. Si vous en utilisez, respectez la date.
Peut-on servir un produit après sa DLC ?
Non. Au-delà de la DLC, la denrée est dite dangereuse par l'article 24, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 1169/2011, et l'article 14 du règlement (CE) n° 178/2002 interdit de la mettre sur le marché. Il n'y a pas d'appréciation à porter sur l'aspect ou l'odeur : la date suffit. La DGCCRF le dit sans détour, la denrée ne peut plus être commercialisée au-delà de cette date.
La même règle ferme la porte aux contournements. Cuire, mixer ou intégrer dans une sauce un produit dont la DLC est dépassée ne le rend pas utilisable. La DGCCRF déconseille aussi de congeler un produit dont la DLC est proche, atteinte ou dépassée. En cuisine, un produit hors date se retire, s'identifie pour que personne ne le reprenne par erreur, puis rejoint les déchets : le vade-mecum d'inspection de la remise directe range expressément les denrées à DLC dépassée parmi les déchets de cuisine et de table (page 69).
Si un produit dont la DLC est dépassée a déjà quitté votre cuisine, l'enjeu change : l'article 19 du règlement (CE) n° 178/2002 impose d'engager le retrait d'une denrée qui ne répond pas aux prescriptions de sécurité, d'en informer les autorités compétentes et, si elle a pu atteindre le consommateur, d'informer les clients. Notez l'incident, sa cause et la mesure prise : c'est la première pièce que l'on vous demandera.
Une fois le produit ouvert, quelle date suivre ?
La date imprimée vaut pour l'emballage fermé. La DGCCRF le rappelle pour les deux dates : dès qu'un emballage est ouvert, la DLC comme la DDM perdent leur utilité, et il faut suivre les conditions de conservation ou le délai de consommation après ouverture indiqués ailleurs sur l'étiquette. C'est l'article 25, paragraphe 2, du règlement (UE) n° 1169/2011 qui prévoit cette indication « le cas échéant ».
Pour un restaurant, l'arrêté du 21 décembre 2009, annexe V, section II, point 1, ajoute une obligation : lorsque des produits d'origine animale sont déconditionnés pour être tranchés ou servis, les informations relatives à l'identification du produit et à sa durée de vie sont conservées pendant toute sa détention. L'arrêté du 8 octobre 2013, annexe III, point 1, pose la même règle pour les autres denrées. La forme est libre : étiquette, fiche ou photographie de l'emballage d'origine.
La durée que vous fixez après ouverture, décongélation ou fabrication est souvent appelée « DLC secondaire ». Le terme n'apparaît dans aucun des textes cités ici : c'est un usage professionnel. Les durées pratiques, produit par produit, sont détaillées dans notre tableau des DLC secondaires.
Les préparations faites maison : qui fixe la date ?
Vos plats et préparations ne portent pas de date imprimée : c'est vous qui fixez leur durée de vie. La DGCCRF rappelle que les denrées vendues non préemballées sont exemptées de DLC et de DDM sur l'étiquette. Cela ne dispense pas de maîtriser leur conservation : l'article 14 du règlement (CE) n° 178/2002 vaut pour un plat maison comme pour un produit industriel.
La température, elle, est imposée. L'annexe I de l'arrêté du 21 décembre 2009 fixe à +3 °C la température maximale des préparations culinaires élaborées à l'avance, dans les établissements de remise directe comme en restauration collective. Un restaurant commercial relève de la remise directe, définie à l'article 2, point c), comme toute cession à un consommateur final en dehors de la restauration collective.
Un seul texte chiffre la durée de vie, et il ne vise pas la restauration commerciale. Pour la restauration collective, l'annexe IV, point 4, du même arrêté demande à l'exploitant de déterminer une DLC pour les préparations élaborées à l'avance très périssables, et la limite au troisième jour après celui de la fabrication pour une préparation réfrigérée, en l'absence d'études de durée de vie. Pour une préparation reconditionnée sans transformation, la DLC ne peut pas dépasser celle du composant qui se conserve le moins longtemps. L'article 6 de l'arrêté réserve cette annexe à la restauration collective.
En restaurant commercial, ces repères sont donc des bonnes pratiques, pas des obligations. Ils restent un point de départ solide : reprendre la règle du troisième jour pour vos préparations réfrigérées, sauf si votre plan de maîtrise sanitaire justifie autre chose, se défend facilement. Ce qui compte est d'écrire la règle choisie, de l'appliquer et de pouvoir la montrer sur l'étiquette du bac.
Exemples concrets : quelle date, et que faire en cuisine ?
Les exemples ci-dessous viennent de la fiche de la DGCCRF et de l'annexe X du règlement (UE) n° 1169/2011. La dernière colonne donne la conduite à tenir en cuisine : quand elle va au-delà de ce que dit le texte, il s'agit d'une bonne pratique.
| Produit | Date portée | Après la date | En cuisine |
|---|---|---|---|
| Café | DDM | Perd de son arôme (exemple de la DGCCRF) | Utilisable si l'emballage est intact ; goûtez avant de servir |
| Pâtisseries sèches, biscuits | DDM | Perdent en qualités gustatives (exemple de la DGCCRF) | Utilisables si l'emballage est intact et le produit sain |
| Conserves en boîte métallique | DDM | L'aspect de la boîte compte davantage que la date (DGCCRF) | Écartez toute boîte déformée, rouillée ou bombée |
| Aliments de diététique infantile | DDM | Adaptation nutritionnelle plus garantie (DGCCRF) | Respectez la date |
| Charcuteries, viandes fraîches, plats cuisinés réfrigérés | DLC (exemples de la DGCCRF) | Denrée dite dangereuse | Retirez, identifiez, jetez ; ni cuisson ni congélation |
| Fruits et légumes frais entiers | Aucune date (dispense de l'annexe X) | Sans objet | Jugez sur l'état ; une fois épluchés ou découpés, fixez leur durée vous-même |
| Vins, boissons à 10 % d'alcool ou plus, vinaigres, sel de cuisine, sucres à l'état solide | Aucune DDM (dispense de l'annexe X) | Sans objet | Conservez selon l'étiquette |
| Pain et viennoiseries normalement consommés dans les 24 heures | Aucune DDM (dispense de l'annexe X) | Sans objet | Utilisez-les le jour même |
| Produit entamé : crème, sauce, charcuterie tranchée | La date d'origine perd son utilité après ouverture (DGCCRF) | Suivez le délai après ouverture indiqué par le fabricant | Étiquetez la date d'ouverture et la durée retenue |
Ce que ces dates changent dans l'organisation de votre cuisine
Le contrôle commence à la réception. L'annexe II, chapitre IX, point 1, du règlement (CE) n° 852/2004 interdit d'accepter une matière première dont on sait ou dont on a tout lieu de supposer qu'elle est contaminée. Refuser une livraison dont la DLC est trop proche de votre utilisation prévue n'est imposé par aucun texte, mais c'est le moyen le plus simple de ne pas avoir à jeter.
En stockage, ranger par date évite la plupart des oublis : ce qui périme en premier passe devant. C'est une bonne pratique, pas une obligation écrite, et elle ne vaut que si la vérification est quotidienne. Une ronde rapide des chambres froides à l'ouverture, en commençant par les produits à DLC, suffit dans la plupart des établissements.
Les produits dont la DDM est passée méritent un emplacement à part et une décision : utilisé après vérification, ou écarté. Mélangés au reste, ils sèment le doute au premier coup d'œil, même quand ils sont parfaitement sains. Enfin, gardez une trace de ce que vous jetez pour date dépassée. Pour les établissements éligibles à la flexibilité, le vade-mecum de la remise directe admet que la surveillance se limite à l'enregistrement des non-conformités et des mesures correctives (page 2) : un produit retiré pour date dépassée en est une.
Ce que regarde l'inspecteur dans vos frigos
Le vade-mecum sectoriel de la remise directe, version 3 de septembre 2026, s'applique à la restauration commerciale. À la ligne C7L02 (page 58), il demande à l'inspecteur de contrôler les modalités de conservation et les DLC, « notamment des denrées préemballées déconditionnées ». La situation attendue tient en une phrase : « Les DLC ne sont pas dépassées ».
La même ligne attend que les informations relatives à l'identification du produit et à sa durée de vie soient conservées pendant toute sa détention, en renvoyant à l'annexe V de l'arrêté du 21 décembre 2009 et à l'annexe III de l'arrêté du 8 octobre 2013. Concrètement, l'inspecteur ouvre une chambre froide, prend un bac de préparation ou un produit entamé, et vous demande depuis quand il est là et jusqu'à quand vous comptez l'utiliser. Une étiquette lisible répond à sa place.
Un produit à DDM dépassée, sain et bien identifié, ne relève pas de cette ligne. Un produit sans aucune identification, en revanche, empêche de démontrer quoi que ce soit, et c'est ce manque de preuve qui pèse. Pour préparer cette inspection, voyez aussi ce que l'inspecteur regarde dans un frigo et l'étiquetage des produits ouverts.
Faire vérifier vos dates et vos étiquettes par un regard extérieur
C'est l'un des points qu'un audit sur place met en évidence en quelques ouvertures de porte. L'auditeur parcourt vos chambres froides, vos réserves et vos postes de préparation, contrôle les quatre-vingts points de la grille répartis en six chapitres, en toute discrétion, pendant que le service continue. Il vérifie les dates, les étiquettes des produits entamés et des préparations maison, et la cohérence entre ce que vous faites et ce que votre plan annonce.
Vous recevez ensuite un rapport complet, avec une note, les constats point par point et un plan d'action classé par priorité. Un produit à DLC dépassée y est signalé avec le correctif attendu ; une règle de durée de vie absente ou floue y figure aussi, avec une proposition simple à écrire dans votre plan.
La prestation s'arrête au rapport : vous appliquez ensuite les corrections vous-même, à votre rythme. Audit Hygiène est un label privé indépendant. Ce n'est ni une certification officielle, ni un agrément d'État, ni un contrôle des services vétérinaires ou de la DDPP, et l'issue d'un contrôle officiel appartient aux services de l'État. Le cabinet intervient dans les huit départements d'Île-de-France, et le devis est établi avant intervention, après un échange de quelques minutes.
Questions fréquentes
- Un produit dont la DDM est dépassée est-il dangereux ?
- Pas par principe. La DDM est la date jusqu'à laquelle la denrée conserve ses propriétés spécifiques (règlement (UE) n° 1169/2011, article 2). Après elle, le produit peut perdre en goût ou en texture. La DGCCRF indique que les denrées dont la DDM est dépassée peuvent être consommées sans risque si leur emballage n'a pas été altéré. Vérifiez tout de même l'état du produit et la façon dont il a été conservé avant de l'utiliser.
- Un restaurant peut-il cuisiner un produit dont la DDM est dépassée ?
- Aucun des textes lus ne l'interdit : seule la DLC dépassée rend une denrée dangereuse (article 24 du règlement (UE) n° 1169/2011). La règle générale de l'article 14 du règlement (CE) n° 178/2002 s'applique néanmoins : la denrée servie doit rester sûre et propre à la consommation. Emballage intact, conservation respectée, aspect et odeur normaux : si l'un de ces points manque, écartez le produit et notez la décision.
- Que faire d'un produit dont la DLC est dépassée ?
- Le retirer immédiatement, l'identifier pour que personne ne le reprenne, puis l'éliminer avec les déchets de cuisine et de table, catégorie dans laquelle le vade-mecum de la remise directe range les denrées à DLC dépassée. Ne le cuisez pas, ne le congelez pas, ne l'intégrez pas dans une préparation. Notez le retrait : c'est une non-conformité traitée, et la trace montre que votre surveillance fonctionne.
- Peut-on congeler un produit le jour de sa DLC ?
- La DGCCRF déconseille de congeler un produit dont la DLC est proche, atteinte ou dépassée. En restaurant, la congélation de vos propres produits relève de votre plan de maîtrise sanitaire, et la décongélation obéit à l'annexe VI de l'arrêté du 21 décembre 2009, qui interdit en principe de recongeler un produit décongelé autre qu'un surgelé. Mieux vaut congeler tôt, en étiquetant la date de congélation.
- La date d'un produit reste-t-elle valable après ouverture ?
- Non. La DGCCRF le rappelle : dès que l'emballage est ouvert, la DLC ou la DDM perd son utilité. Vous suivez alors les conditions de conservation ou le délai de consommation après ouverture que le fabricant indique, le cas échéant, au titre de l'article 25, paragraphe 2, du règlement (UE) n° 1169/2011. Les arrêtés du 21 décembre 2009 et du 8 octobre 2013 vous imposent de garder l'identification du produit et sa durée de vie pendant toute sa détention.
- Que signifie la mention « Ce produit peut être consommé après cette date » ?
- C'est une mention facultative, prévue par l'article L. 412-7 du code de la consommation et précisée par l'article D. 412-7-1. Elle accompagne la DDM pour indiquer que le produit reste consommable après cette date. Le fabricant peut aussi écrire « Pour une dégustation optimale, » avant la DDM, ou combiner les deux formules. Elle concerne les denrées fabriquées et commercialisées en France, jamais les produits à DLC.
- Mes préparations maison doivent-elles porter une DLC ?
- Les denrées non préemballées sont exemptées de date sur l'étiquette, selon la DGCCRF, mais vous devez maîtriser leur durée de vie et la température : +3 °C au plus pour une préparation élaborée à l'avance (arrêté du 21 décembre 2009, annexe I). La règle du troisième jour après fabrication vaut en restauration collective (annexe IV) ; en restaurant commercial, c'est un repère de bonne pratique à inscrire dans votre plan.
- Pourquoi certains produits n'ont-ils aucune date ?
- L'annexe X, point 1 d), du règlement (UE) n° 1169/2011 dispense de DDM plusieurs familles : fruits et légumes frais non épluchés ni découpés, vins, boissons titrant 10 % d'alcool ou plus, produits de boulangerie et de pâtisserie consommés dans les vingt-quatre heures, vinaigres, sel de cuisine, sucres à l'état solide, certaines confiseries et les gommes à mâcher. L'absence de date sur ces produits est donc normale.
Sources officielles
- Règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires, version consolidée du 01/04/2025 (articles 2, 9, 24 et 25 ; annexe X)
- Règlement (CE) n° 178/2002, version consolidée du 01/07/2024 (articles 3, 14 et 19)
- Règlement (CE) n° 852/2004, version consolidée du 24/03/2021 (annexe II, chapitres V bis et IX)
- Règlement (UE) 2021/382 de la Commission du 3 mars 2021 (redistribution des denrées alimentaires)
- Code de la consommation, article L. 412-7
- Code de la consommation, article D. 412-7-1 (décret n° 2022-1440 du 17 novembre 2022)
- Arrêté du 21 décembre 2009 relatif aux règles sanitaires applicables aux activités de commerce de détail (articles 2, 6 et 8 ; annexes I, IV, V et VI)
- Arrêté du 8 octobre 2013 relatif aux règles sanitaires applicables aux produits autres que d'origine animale (annexe III)
- DGCCRF, fiche « Date limite de consommation et date de durabilité minimale : ce que vous devez savoir », 17/12/2025
- DGAL, vade-mecum d'inspection sectoriel remise directe, version 3, septembre 2026 (pages 2, 58 et 69)
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