audit hygièneRéserver

Les non-conformités

Que regarde exactement un inspecteur quand il ouvre un frigo ?

L'ouverture d'une enceinte froide dure une minute et donne une bonne part du diagnostic. Sont examinées dans l'ordre la température affichée par l'appareil puis la température réellement mesurée à coeur d'un produit sensible, la hiérarchie de rangement entre le cru et le prêt à consommer, le filmage et l'étiquetage des contenants, la présence de denrées posées à même le sol dans une chambre froide, l'état des joints de porte, la propreté des écoulements et de l'évaporateur, enfin la cohérence entre ce qui est constaté et ce que dit votre cahier de relevés. Un affichage flatteur contredit par une sonde vaut beaucoup moins qu'un chiffre modeste mais cohérent.

Le détail

Le premier geste porte sur les deux températures. Celle qu'affiche le bandeau de l'appareil, souvent prise en sortie d'évaporateur, donc la plus optimiste, et celle que donne une sonde plantée à coeur d'un produit sensible, en général la plus parlante. L'écart entre les deux est instructif : il révèle un dégivrage récent, une porte trop souvent ouverte pendant la mise en place, un thermostat qui ment ou une enceinte surchargée. Les cibles courantes vont de 0 à +4 °C en froid positif, une chambre froide positive étant fréquemment tenue entre 0 et 3 °C, et descendent à -18 °C ou moins en congélation, sachant que les valeurs applicables dépendent de la catégorie de denrée et que l'arrêté du 21 décembre 2009 en fixe le détail.

Vient ensuite la lecture du rangement, qui se fait en une seconde. Le principe attendu est que rien de cru ne surplombe du prêt à consommer. Les viandes et volailles crues occupent le bas, les produits crus déjà préparés le niveau intermédiaire, les préparations cuites, les desserts et tout ce qui ne subira plus de traitement thermique occupent le haut. Un jus de volaille qui goutte sur une mousse au chocolat suffit à raconter une contamination croisée, et l'histoire se comprend sans explication. On remarque aussi les mélanges de familles dans un même bac, les cartons de livraison entrés tels quels dans l'enceinte, et les produits entamés poussés au fond, invisibles depuis l'ouverture, qui traduisent une rotation de stock jamais faite.

Le filmage et l'étiquetage sont examinés contenant par contenant, au moins par sondage. Une denrée entamée doit être protégée d'un film ou d'un couvercle et porter de quoi savoir ce que c'est et depuis quand elle se trouve là. Les préparations maison sont scrutées avec attention, parce que ce sont elles qui échappent le plus souvent à toute traçabilité : sauces, fonds, marinades, éléments de mise en place refroidis en cellule. On observe également la manière dont les produits sont posés les uns sur les autres, un bac gastro directement en contact avec la denrée du dessous, un torchon utilisé comme couvercle, un sachet plastique non alimentaire réemployé. Ces détails coûtent peu à corriger mais parlent immédiatement de la culture de la maison.

Dans une chambre froide, le regard descend au sol puis remonte vers les parois. Cartons de légumes ou sacs posés à même le sol, palettes non nettoyables, denrées appuyées contre une paroi ou obstruant la circulation d'air : autant de constats classiques. On observe l'état des joints de porte, décollés, fendus ou moisis, ce qui explique souvent les dérives de température et ne figure presque jamais dans un plan de nettoyage. On regarde aussi les écoulements, la grille d'évacuation, le bac de récupération sous l'évaporateur, les traces de condensation qui gouttent sur les étagères, ainsi que le givre accumulé en négatif. Ce sont des points de maintenance autant que d'hygiène, et ils se voient sans démonter quoi que ce soit.

Le dernier geste consiste à confronter ce qui vient d'être vu avec ce qui est écrit. Le cahier annonce +2 °C tous les matins depuis trois semaines, la sonde donne +8 °C à coeur, et la porte ferme mal : la contradiction pèse plus lourd que le chiffre lui-même, parce qu'elle met en doute l'ensemble de la traçabilité de l'établissement. À l'inverse, un relevé qui montre une dérive, la mesure corrective prise et la vérification qui a suivi inspire confiance, puisqu'il prouve que le système fonctionne et que quelqu'un le regarde. La qualification de l'écart, elle, reste l'affaire de l'agent, qui tient compte du contexte, de l'activité exercée et des explications recueillies auprès de l'équipe présente.

Refaites vous-même ce parcours demain matin, avant la mise en place, avec une sonde propre et désinfectée. Notez l'affichage, notez la valeur à coeur d'un produit sensible, photographiez le rangement, ouvrez et refermez les portes en regardant les joints, passez la main sur l'écoulement. Recommencez en fin de service, quand l'enceinte a travaillé toute la journée : les chiffres ne sont plus les mêmes et c'est là que se logent les vraies dérives. Consignez tout, même ce qui vous gêne, puisque la valeur d'un relevé tient à sa sincérité. Si vous voulez cette inspection menée par un tiers, avec rapport écrit, notation et plan correctif, le cabinet la réalise dans vos locaux et la page contact sert de point de départ.

Pour aller plus loin

Les autres questions sur « les non-conformités »

Ailleurs dans la FAQ

Nous auditons les établissements partout en Île-de-France, à Paris 11e, Paris 18e, Paris 8e, Paris 17e, Paris 10e, et dans les huit départements de la région.

audit hygiène est un label privé de qualité, indépendant. Il ne constitue ni une certification officielle, ni un agrément d'État, ni un contrôle des services vétérinaires/DDPP.