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Dossier de fond

L'eau et la glace en restauration

Le règlement (CE) n° 852/2004 du 29 avril 2004 traite le sujet au chapitre VII de son annexe II. Le point 1 a) impose une alimentation en eau potable en quantité suffisante. Le point 4 impose que la glace entrant en contact avec les denrées, ou susceptible de les contaminer, soit fabriquée à partir d'eau potable et qu'elle soit fabriquée, manipulée et stockée dans des conditions prévenant toute contamination. L'entretien de la machine relève du chapitre V, point 1 a). Aucune disposition ne fixe la fréquence de nettoyage et de détartrage d'une machine à glaçons : elle relève de votre plan de nettoyage.

La glace est un aliment, et c'est le seul aliment d'un restaurant que personne ne pense à contrôler. Le sujet est court, il coûte peu à traiter, et il figure pourtant régulièrement dans les constats.

L'eau et la glace sont des ingrédients

Un glaçon servi dans un verre est consommé. Une eau utilisée pour laver une salade, pour cuire des pâtes ou pour rincer un plan de travail entre en contact direct avec ce qui sera mangé. Les deux relèvent donc de la même logique que n'importe quelle denrée, alors qu'ils sont souvent traités comme des utilités techniques.

Cette confusion explique la place particulière de la machine à glaçons dans les constats. Elle est rarement inscrite au plan de nettoyage, elle se trouve souvent au bar ou dans un couloir, elle fonctionne sans qu'on l'ouvre pendant des mois, et son intérieur humide et tempéré offre des conditions favorables au développement microbien. Un client qui reçoit ces micro-organismes dans son verre les consomme sans aucune barrière.

La bonne nouvelle est que le sujet se traite en une intervention et se maintient avec quelques lignes au plan de nettoyage. Peu de thèmes offrent un rapport aussi favorable entre l'effort demandé et le risque écarté.

Ce que le texte impose, ce qu'il n'impose pas

Le règlement 852/2004, annexe II, chapitre VII, point 1 a), impose une alimentation en eau potable en quantité suffisante, utilisée chaque fois qu'il est nécessaire pour éviter la contamination des denrées. Le point 4 impose que la glace en contact avec les denrées, ou susceptible de les contaminer, soit fabriquée à partir d'eau potable, et qu'elle soit fabriquée, manipulée et stockée dans des conditions prévenant toute contamination.

La qualité de l'eau destinée à la consommation humaine relève, en droit interne, des articles R. 1321-1 et suivants du code de la santé publique, et de l'arrêté du 11 janvier 2007 relatif aux limites et références de qualité des eaux brutes et des eaux destinées à la consommation humaine mentionnées aux articles R. 1321-2, R. 1321-3, R. 1321-7 et R. 1321-38 du code de la santé publique, modifié notamment par l'arrêté du 30 décembre 2022.

L'entretien de la machine à glaçons ne fait pas l'objet d'une disposition propre : il relève de l'exigence générale du chapitre V, point 1 a), de l'annexe II, selon laquelle les articles, installations et équipements en contact avec les denrées sont effectivement nettoyés et, le cas échéant, désinfectés à une fréquence suffisante pour éviter tout risque de contamination.

Ce qui n'est imposé par aucune disposition : la fréquence de nettoyage et de détartrage de la machine, la réalisation d'analyses d'eau périodiques dans un restaurant raccordé au réseau public, l'installation d'un filtre ou d'un adoucisseur. Ces éléments relèvent de votre plan de maîtrise sanitaire et de votre appréciation. Un exploitant qui présenterait des analyses comme une obligation légale se tromperait, et il est plus solide de les présenter pour ce qu'elles sont : un moyen de vérification utile dans certaines situations.

L'eau du réseau et ce qui reste à votre charge

Un établissement raccordé au réseau public reçoit une eau dont la qualité est contrôlée jusqu'au point de livraison, généralement le compteur. La responsabilité du distributeur s'arrête là. Ce qui se passe ensuite, dans le réseau intérieur de l'établissement, relève de l'exploitant, et c'est exactement l'endroit où la qualité peut se dégrader.

Cette répartition explique pourquoi il n'est pas utile, dans la plupart des cas, de faire analyser l'eau en sortie de compteur. Ce qui a du sens, quand un doute existe, c'est un prélèvement au point d'usage, au robinet de la cuisine ou à la sortie de la machine à glaçons, puisque c'est là que se pose la question réelle.

Les établissements alimentés par une ressource privée, puits ou forage, sont dans une situation différente et plus encadrée, avec des démarches propres auprès des autorités sanitaires. Le cas est rare en restauration urbaine et, s'il vous concerne, il mérite un examen spécifique plutôt qu'une transposition des règles applicables au réseau public.

Le réseau intérieur, là où la qualité se perd

Trois situations dégradent l'eau à l'intérieur d'un établissement. La première est la stagnation : un robinet peu utilisé, une antenne de canalisation qui ne sert plus, un tuyau qui alimente un équipement déposé. L'eau y séjourne, se réchauffe et perd sa qualité. Supprimer les portions inutilisées, ou les purger régulièrement, est la mesure la plus efficace.

La deuxième est la température. Une eau froide qui tiédit dans une gaine chaude et une eau chaude maintenue trop bas offrent des conditions favorables au développement microbien. La séparation et l'isolation des réseaux, quand elles sont possibles, améliorent la situation durablement.

La troisième est l'état des équipements terminaux : brise-jets entartrés, flexibles de douchette, filtres non remplacés, joints dégradés. Ce sont des pièces peu coûteuses, souvent oubliées, et leur remplacement fait partie des actions qui améliorent immédiatement la situation. Après une fermeture prolongée, une purge complète des points d'eau avant reprise est une précaution simple et efficace.

La machine à glaçons

C'est l'équipement le plus oublié d'un établissement. Il fabrique un aliment, il fonctionne en continu, et il est rarement ouvert. À l'intérieur, on trouve un bac de réserve humide, des surfaces en contact permanent avec l'eau et la glace, un circuit d'eau, souvent un filtre, et parfois une accumulation de tartre et de biofilm que rien ne signale de l'extérieur.

Le nettoyage complet suppose l'arrêt de la machine, le vidage du bac, le retrait de la glace en réserve, le nettoyage et la désinfection des surfaces intérieures selon les indications du fabricant, le détartrage du circuit, le remplacement du filtre s'il y en a un, et un rinçage soigné avant remise en service. Les premières productions qui suivent un détartrage sont éliminées.

La fréquence n'est fixée par aucune disposition. Elle se détermine au regard de la dureté de l'eau, de l'usage et des préconisations du fabricant, et elle s'inscrit au plan de nettoyage avec un responsable désigné. Le pelletage régulier de la glace en réserve, en fin de semaine ou après une période creuse, est une bonne pratique complémentaire : une glace stockée trop longtemps se soude en bloc et devient impossible à évaluer.

Manipuler et stocker la glace

Le point 4 du chapitre VII vise expressément la manipulation et le stockage. Les erreurs les plus courantes sont connues : la pelle laissée à l'intérieur du bac, où elle est manipulée par des mains qui viennent de toucher autre chose ; le verre utilisé comme pelle, avec le risque de bris et d'éclats invisibles dans la glace ; le couvercle laissé ouvert ; le bac de service rempli en début de soirée et complété au fil des heures.

Les corrections sont immédiates et gratuites. Une pelle rangée dans un support propre à l'extérieur du bac, l'interdiction du verre comme ustensile de prélèvement, un couvercle fermé, un bac de service vidé et lavé plutôt que complété. Ces quatre règles s'écrivent en trois lignes dans le plan et se tiennent sans effort.

Le cas du bris de verre dans un bac à glace mérite une consigne écrite. La glace concernée ne se trie pas, elle se retire intégralement, et le bac est lavé avant réemploi. C'est une décision coûteuse sur le moment, et c'est la seule possible.

La glace pour rafraîchir et la glace alimentaire

Une distinction pratique aide beaucoup : la glace destinée à être consommée, celle des boissons, et la glace utilisée pour rafraîchir un contenant fermé, par exemple une bouteille dans un seau. La seconde n'entre pas en contact avec la denrée elle-même, mais elle reste susceptible de contaminer si elle est réutilisée ou si elle touche des surfaces qui reviendront en contact.

La règle la plus simple est de ne jamais réemployer une glace de rafraîchissement pour un usage de consommation, et de ne pas remettre dans le bac une glace qui en est sortie. Cela paraît évident et c'est pourtant l'un des gestes les plus fréquemment observés en fin de service, par souci d'économie.

Le même raisonnement vaut pour la glace utilisée en cuisine, par exemple pour refroidir une préparation. Si elle entre en contact direct avec la denrée, elle doit être fabriquée à partir d'eau potable et manipulée comme un ingrédient. Si elle refroidit par l'extérieur, un contenant intermédiaire propre suffit.

Fontaines, tireuses et machines à boissons

Tous les équipements qui distribuent une boisson relèvent de la même logique : ce sont des surfaces en contact avec une denrée, soumises au chapitre V, point 1 a), de l'annexe II. Les becs de tireuse, les buses de machine à café, les circuits de fontaine à eau, les mixeurs de boissons frappées demandent un nettoyage régulier et un démontage périodique.

Les becs et les buses sont les points visibles et ceux qu'un agent regarde en premier, parce qu'ils se contrôlent en quelques secondes. Les circuits internes, eux, demandent une intervention selon les préconisations du fabricant ou du prestataire. Conserver les justificatifs de ces interventions est utile, au titre des preuves prévues à l'article 5, paragraphe 2, point g), du règlement 852/2004.

Les fontaines à eau et les carafes appellent une attention particulière parce qu'elles circulent en salle. Un rinçage insuffisant, un stockage humide, un bec touché par les clients : autant de points à traiter dans le plan de nettoyage au même titre que la cuisine.

Les analyses d'eau : quand elles servent vraiment

Il faut être clair : aucune disposition n'impose à un restaurant raccordé au réseau public de faire réaliser des analyses d'eau périodiques. Les présenter comme une obligation serait une erreur. Elles constituent un moyen de vérification, à mobiliser dans des situations précises.

Ces situations sont identifiables. Un doute après une réclamation, une remise en service après une longue fermeture, un réseau intérieur ancien ou modifié, une machine à glaçons dont on veut valider la procédure d'entretien, une installation alimentée autrement que par le réseau public. Dans ces cas, un prélèvement au point d'usage apporte une information utile.

Le résultat s'interprète et se consigne. Une analyse favorable rangée dans le classeur avec sa date et son point de prélèvement documente votre démarche. Une analyse défavorable appelle une action, puis un contrôle de vérification, et c'est cette boucle consignée qui a de la valeur, bien plus que le résultat isolé.

Ce qu'un agent regarde

Il ouvre la machine à glaçons quand elle est accessible, et il regarde l'intérieur du bac, les parois, la présence de tartre ou de dépôt, la position de la pelle. C'est un contrôle rapide, visuel, et il en dit long. Il regarde ensuite les becs de tireuse, les buses, l'état des robinets et des brise-jets.

Il demande, le cas échéant, ce qui est prévu au plan de nettoyage pour ces équipements et les traces des interventions réalisées. Un plan de nettoyage complet qui ne mentionne nulle part la machine à glaçons est un manque fréquent et facile à combler.

La qualification d'un constat et ses suites relèvent de l'appréciation de l'agent et du service instructeur. Ce que vous maîtrisez, c'est l'état intérieur de la machine, les règles de manipulation de la glace, et l'existence de lignes explicites dans votre plan de nettoyage.

Traiter le sujet une fois, le maintenir sans effort

Le programme est court : ouvrir la machine à glaçons et la nettoyer complètement, remplacer le filtre s'il existe, purger les points d'eau peu utilisés, remplacer les brise-jets entartrés, poser un support de pelle à l'extérieur du bac, et ajouter au plan de nettoyage les trois ou quatre lignes qui manquent. Une matinée suffit dans la plupart des établissements.

Un audit sur place vérifie ce poste comme les autres, et c'est souvent l'un de ceux où l'écart entre la perception et la réalité est le plus grand, parce que personne n'ouvre jamais l'appareil. L'auditeur parcourt les vingt-sept points de la grille répartis en douze thèmes, en toute discrétion pendant que le service continue.

Vous recevez un rapport complet, avec une note, les constats point par point et un plan d'action classé par priorité, qui indique pour chaque écart le correctif attendu et la preuve à constituer. La prestation s'arrête là : vous appliquez la liste vous-même, à votre rythme et avec vos propres moyens. Audit hygiène est un label privé indépendant, ni certification officielle ni contrôle des services vétérinaires. Le cabinet intervient partout en Île-de-France, dans les huit départements, et le devis est établi avant intervention, après un échange de quelques minutes.

Questions fréquentes

Dois-je faire analyser mon eau régulièrement ?
Aucune disposition ne l'impose à un restaurant raccordé au réseau public d'eau potable. La qualité de l'eau est contrôlée jusqu'au point de livraison, et ce qui se passe ensuite dans votre réseau intérieur relève de vous. Les analyses restent un moyen de vérification utile dans des situations précises : doute après une réclamation, remise en service après une longue fermeture, réseau intérieur ancien ou modifié, validation d'une procédure d'entretien. Le prélèvement a alors du sens au point d'usage, pas au compteur.
À quelle fréquence nettoyer la machine à glaçons ?
Aucune disposition ne fixe de fréquence. Elle relève de votre plan de nettoyage et se détermine au regard de la dureté de l'eau, de l'usage de la machine et des préconisations du fabricant. Ce qui est exigible, c'est le résultat : le chapitre V, point 1 a), de l'annexe II du règlement 852/2004 demande un nettoyage effectif des équipements en contact avec les denrées, à une fréquence suffisante pour éviter tout risque de contamination. Inscrivez l'opération au plan avec un responsable désigné.
La glace est-elle vraiment considérée comme un aliment ?
Oui, dès lors qu'elle entre en contact avec les denrées ou qu'elle est susceptible de les contaminer. Le règlement 852/2004, annexe II, chapitre VII, point 4, exige qu'elle soit fabriquée à partir d'eau potable et qu'elle soit fabriquée, manipulée et stockée dans des conditions prévenant toute contamination. Un glaçon servi dans un verre est consommé sans aucune étape de cuisson ou de lavage intermédiaire, ce qui en fait l'un des rares aliments d'un restaurant à ne bénéficier d'aucune barrière.
Où ranger la pelle à glace ?
À l'extérieur du bac, dans un support propre et identifié. La pelle laissée à l'intérieur est manipulée par des mains qui viennent de toucher autre chose et repose ensuite directement sur la glace destinée aux clients. C'est l'un des constats les plus fréquents et l'un des plus simples à corriger. Proscrivez également l'usage d'un verre comme ustensile de prélèvement, à cause du risque de bris et d'éclats invisibles dans la glace.
Que faire si un verre se casse dans le bac à glace ?
La glace concernée ne se trie pas : elle se retire intégralement, et le bac est lavé avant réemploi. Des éclats de verre sont invisibles dans la glace et impossibles à retrouver de façon fiable. C'est une décision coûteuse sur le moment et c'est la seule possible. Écrivez la consigne dans votre plan de maîtrise sanitaire pour qu'elle ne dépende pas de la personne présente ce soir-là, et prévoyez comment le service continue pendant le lavage du bac.
Faut-il installer un filtre ou un adoucisseur ?
Aucune disposition ne l'impose. Le choix dépend de la dureté de votre eau et des préconisations du fabricant de vos équipements, notamment machine à glaçons et machine à café. Un filtre non remplacé est en revanche pire que pas de filtre du tout, puisqu'il devient lui-même un support de développement. Si vous en installez un, inscrivez son remplacement au plan de nettoyage avec une périodicité et un responsable, et conservez la trace des remplacements effectués.
Que faire après une longue fermeture ?
Purgez l'ensemble des points d'eau avant la reprise, y compris ceux qui servent peu, en laissant couler suffisamment longtemps pour renouveler l'eau des canalisations. Nettoyez et remettez en service la machine à glaçons en éliminant la glace en réserve et les premières productions. Vérifiez les brise-jets et les flexibles. La stagnation prolongée est la principale cause de dégradation de l'eau dans un réseau intérieur, et une purge soignée règle la plus grande partie du sujet.
Les becs de tireuse et les buses sont-ils contrôlés ?
Ils le sont, parce qu'ils constituent des surfaces en contact avec une denrée au sens du chapitre V, point 1 a), de l'annexe II du règlement 852/2004. Ce sont aussi des points qu'un agent vérifie en quelques secondes. Prévoyez leur nettoyage régulier et leur démontage périodique dans le plan, suivez les préconisations du fabricant ou du prestataire pour les circuits internes, et conservez les justificatifs des interventions réalisées parmi vos preuves de bonne exécution.

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Un auditeur se déplace, contrôle les 27 points de la grille en toute discrétion, et vous remet un rapport complet avec son plan d'action. Chaque écart y porte le correctif attendu et la preuve à constituer, pour que vous puissiez le traiter vous-même.

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