audit hygièneRéserver

Le contrôle officiel

Puis-je refuser l'entrée à un inspecteur sanitaire ?

Non, et l'idée est mauvaise à tous points de vue. Un agent habilité qui justifie de sa qualité exerce une mission de contrôle officiel prévue par la réglementation, notamment le règlement (UE) 2017/625 du 15 mars 2017 : lui refuser l'accès constitue une opposition à contrôle, qui alourdit immédiatement la situation et laisse penser que vous avez quelque chose à cacher. Vous pouvez en revanche demander légitimement l'identité et la qualité de la personne, comprendre l'objet de la visite, prévenir le responsable et faire accompagner l'agent par un salarié désigné. C'est le bon usage de vos marges de manœuvre.

Le détail

Un restaurant est un local professionnel ouvert au public, pas un domicile privé, et cette distinction commande tout le reste. L'accès des agents de contrôle aux locaux à usage professionnel pendant les heures d'activité fait partie du dispositif organisé par le règlement (UE) 2017/625 du 15 mars 2017 et décliné en droit français par le Code rural et de la pêche maritime ainsi que par le Code de la consommation selon le corps concerné. La logique est simple : un contrôle qu'un professionnel pourrait refuser ne servirait à rien, puisque seuls les établissements irréprochables ouvriraient leurs portes. La possibilité d'entrer n'est donc pas une faveur que vous accordez, c'est la condition d'existence du système. Discuter ce principe sur le pas de la porte n'aboutit jamais et se retourne systématiquement contre celui qui s'y essaie.

L'opposition à contrôle produit un effet immédiat et durable, indépendamment de la situation réelle de votre cuisine. Elle est mentionnée dans le dossier de l'établissement, elle appelle une réponse de l'administration et elle change le regard porté sur toutes vos démarches ultérieures. Sur le plan humain, elle installe un rapport de défiance avec un interlocuteur que vous reverrez, car les services départementaux ne changent pas d'équipe à chaque saison. Un exploitant qui refuse l'entrée alors que ses locaux étaient corrects transforme un passage banal en incident, et un exploitant dont les locaux posaient problème se prive de la seule chose qui joue en sa faveur, la démonstration de bonne foi. Aucune situation, pas même un service surchargé ou un salarié seul en cuisine, ne justifie ce choix.

Ce que vous pouvez demander tient en quelques points précis et personne ne s'en offusque. La carte professionnelle d'abord : prenez le temps de la lire, notez le nom, le prénom, le service. L'objet de la visite ensuite, car savoir si l'agent vient dans le cadre d'une programmation, à la suite d'un signalement ou pour vérifier des points déjà relevés vous aide à comprendre le déroulé. Vous pouvez également prévenir le responsable et l'appeler devant l'agent, demander qu'un salarié désigné accompagne le parcours, et proposer un ordre de visite compatible avec la sécurité de la production en cours si un service est lancé. Ces demandes s'expriment calmement, sans posture. Elles vous positionnent comme un professionnel organisé, ce qui est exactement l'impression que vous voulez donner.

Certaines réactions ressemblent à un refus sans en avoir l'intention et produisent pourtant les mêmes effets. Faire patienter longuement l'agent sur le trottoir en prétendant chercher le patron, fermer une porte de réserve en expliquant qu'elle ne sert à rien, déclarer qu'un local appartient à une autre société sans pouvoir le démontrer, prétendre que le classeur est chez le comptable et rester injoignable, envoyer un salarié dire que l'établissement est fermé alors que la cuisine tourne : chacune de ces manœuvres est lisible en quelques minutes. Il en va de même du nettoyage précipité d'une zone que l'agent s'apprête à examiner ou du déplacement discret d'un produit vers un autre local. Ces gestes coûtent bien plus cher que le défaut qu'ils tentaient de masquer.

La bonne attitude, en pratique, ressemble à celle d'un hôte organisé et non à celle d'un adversaire. Ouvrez, saluez, présentez-vous, proposez de commencer par la zone la moins gênante pour le service en cours, accompagnez sans commenter chaque geste, et répondez aux questions sans broder. Si vous ne savez pas, dites-le et proposez de retrouver l'information. Si un point vous semble contestable, notez-le et exprimez-le à l'entretien de clôture, moment prévu pour cela, plutôt qu'au milieu du parcours. La qualification des constats, les suites données et les éventuels délais accordés relèvent de l'appréciation de l'administration, pas d'un débat improvisé en cuisine. Votre coopération n'efface aucun écart, mais elle évite d'en créer un supplémentaire qui, lui, serait entièrement de votre fait.

Refuser un contrôle n'est jamais qu'un symptôme : c'est la peur de ce que l'agent va trouver qui parle. Le remède se situe en amont, dans la connaissance exacte de vos propres faiblesses. Faites l'inventaire honnête de ce qui vous inquiète, la zone que vous éviteriez de montrer, le document que vous ne retrouveriez pas, l'équipement que vous savez fatigué, puis traitez cette liste par ordre de gravité. Un intervenant extérieur qui vient chez vous avec le regard d'un contrôleur, sans aucun pouvoir de sanction, vous donne cette liste noir sur blanc, assortie d'une note, des cas critiques et d'un plan d'action réaliste. La démarche est privée, volontaire et confidentielle, elle ne se substitue à aucun contrôle officiel. Parlons-en depuis la page contact.

Pour aller plus loin

Les autres questions sur « le contrôle officiel »

Ailleurs dans la FAQ

Nous auditons les établissements partout en Île-de-France, à Paris 11e, Paris 18e, Paris 8e, Paris 17e, Paris 10e, et dans les huit départements de la région.

audit hygiène est un label privé de qualité, indépendant. Il ne constitue ni une certification officielle, ni un agrément d'État, ni un contrôle des services vétérinaires/DDPP.