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Les non-conformités

Quelles non-conformités relève-t-on sur les allergènes ?

Elles portent presque toujours sur l'information du consommateur et sur la maîtrise en cuisine. Le règlement (UE) n° 1169/2011 du 25 octobre 2011 et le décret n° 2015-447 du 17 avril 2015 imposent que l'information sur les allergènes présents dans les plats soit disponible pour le client, sur un support accessible. Les écarts constatés sont récurrents : aucun support, un classeur introuvable, une carte qui ne correspond plus à la recette réelle, un changement de fournisseur non répercuté, et en cuisine des contaminations croisées à la mise en place ou par une huile de friture partagée.

Le détail

Le premier terrain est celui de l'information. Le texte européen sur l'information du consommateur et son décret d'application français prévoient que le client puisse connaître la présence des allergènes à déclaration obligatoire dans les plats servis. La forme reste libre : mention sur la carte, pictogrammes, classeur consultable en salle, tablette, affichette indiquant où trouver l'information. Ce qui est vérifié, c'est la disponibilité effective au moment du repas. Le manquement typique n'est pas l'absence totale de document, mais un classeur rangé au bureau à l'étage, connu de la seule personne qui l'a constitué. Un support qu'aucun membre de l'équipe présente ce soir-là ne sait produire vaut, dans les faits, absence d'information pour le consommateur qui la demande.

Le deuxième terrain est celui de la cohérence. Une fiche allergènes est juste le jour où elle est écrite et devient fausse dès que la recette bouge. Le cuisinier ajoute une pointe de moutarde dans la vinaigrette, remplace la crème par une préparation contenant du soja, épaissit une sauce à la farine, et la fiche n'est pas reprise. L'agent qui compare la carte, la fiche et les emballages de la réserve sèche voit l'écart en quelques minutes. Le changement de fournisseur produit le même effet : le nouveau produit contient des fruits à coque ou du gluten là où le précédent n'en avait pas. Photographier les étiquettes des produits utilisés et dater chaque mise à jour de la fiche reste la parade la plus simple.

Sur le plan de la fabrication, la contamination croisée se joue à la mise en place. La même planche sert au pain puis à la salade sans que le plat sans gluten soit en tête, la pince à fromage passe dans le bac de crudités, la farine vole au-dessus du poste voisin. La friture partagée est un cas d'école : des beignets panés et des frites annoncées sans gluten dans le même bain ne peuvent pas être servis comme tels. Une préparation sans allergène demande un ordre de fabrication réfléchi, un matériel identifié, un stockage à part et parfois un moment dédié dans la journée. Ces dispositions se décrivent dans le plan de maîtrise sanitaire, sous forme de règles que la brigade peut réellement appliquer en plein service.

La réponse du personnel en salle vaut autant que le document. Un serveur qui répond je crois que non, ou qui invente une réponse pour ne pas ralentir la commande, expose le client et l'établissement. La bonne pratique consiste à admettre l'incertitude, à aller vérifier en cuisine, puis à rapporter une réponse ferme. Les mentions du type traces éventuelles ne dispensent pas de connaître la composition réelle des plats et ne peuvent pas servir de parapluie généralisé. Prévoir un temps de transmission au briefing, avant chaque service, sur les plats du jour et leurs allergènes coûte peu et supprime la plupart des réponses hasardeuses. Ce point vaut aussi pour les commandes prises au téléphone et pour les plats vendus à emporter.

Côté preuves, un dossier tenable repose sur peu de choses : la liste des plats servis, la composition retenue pour chacun, les allergènes correspondants, la date de dernière révision, et les étiquettes ou fiches techniques des produits achetés qui justifient la déclaration. Les fiches fournisseurs se conservent avec les bons de livraison, ce qui rattache l'information à la traçabilité générale de l'établissement. Présenter un classeur à jour, tenu à un endroit connu de toute l'équipe, change complètement la tonalité de l'échange avec l'agent. La vérification peut relever des services chargés de la protection du consommateur autant que de ceux qui regardent la sécurité sanitaire, et les deux regards se rencontrent fréquemment sur ce sujet précis, où l'information due au client rejoint la maîtrise du risque en cuisine.

Ce qui est retenu tient à la maîtrise démontrée plus qu'à la perfection formelle. Une fiche perfectible mais vivante, corrigée à la main lors du dernier changement de carte, pèse moins lourd qu'un document imprimé il y a longtemps et démenti par le contenu de la réserve. La suite donnée dépend du contexte constaté et appartient à l'administration. Pour vous auditer, prenez trois plats au hasard, reconstituez leur composition à partir des produits réellement présents ce jour-là, puis comparez avec votre support d'information : l'écart apparaît vite. Un audit sur place mène ce test devant vous, sur un échantillon plus large, et débouche sur un plan correctif priorisé. La demande passe par la page contact.

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