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S'auditer soi-même

Que regarder en trente minutes pour un tour de cuisine honnête ?

Trente minutes suffisent à repérer l'essentiel si vous suivez toujours le même parcours. Ouvrez d'abord les enceintes froides et contrôlez les températures, puis balayez l'étiquetage et les dates. Passez ensuite aux lave-mains et à leurs consommables, à la plonge et à la séparation du sale et du propre, aux poubelles et à leur couvercle, aux sols et aux siphons. Terminez par un coup d'oeil en réserve et par le tirage d'un document au hasard, relevé ou bon de livraison, que vous confrontez à la réalité du jour. Ce tour ne remplace pas un audit complet : il détecte, il ne diagnostique pas.

Le détail

Un parcours court n'a de valeur que s'il reste toujours identique. En figeant l'ordre des postes et la nature des points regardés, vous obtenez des passages comparables entre eux, et une anomalie saute aux yeux parce qu'elle rompt une routine. Improviser le trajet produit l'effet inverse : vous inspectez ce qui vous préoccupe ce jour-là et vous laissez de côté ce qui va mal depuis longtemps. Chronométrez-vous réellement, parce que la contrainte de temps oblige à trancher et empêche de s'enliser dans un tiroir. Gardez une feuille unique, une ligne par poste, et acceptez de repartir avec quatre ou cinq constats seulement. Un tour honnête vaut mieux qu'un examen exhaustif que vous ne referez jamais, et sa régularité compte davantage que son étendue.

Consacrez le premier tiers du temps au froid. Ouvrez chaque armoire, chaque desserte et chaque chambre, lisez l'affichage, puis contrôlez avec votre propre appareil au lieu de croire l'écran. Regardez ce qu'il y a dedans autant que le chiffre affiché : produits nus, contenants ébréchés, bacs empilés sans couvercle, cru posé au-dessus de cuit, restes de service sans identification. Balayez ensuite l'étiquetage en cherchant les dates absentes plutôt que celles qui sont présentes, et retournez trois ou quatre contenants au hasard dans les rangées du fond, là où les choses s'oublient. Les enceintes froides positives se tiennent couramment entre 0 et +4 °C selon la catégorie de denrée, et la congélation à -18 °C ou moins, le détail relevant de l'arrêté du 21 décembre 2009.

Deuxième étape, les points d'eau. Chaque lave-mains doit être libre d'accès, à commande non manuelle, alimenté en eau chaude, avec du savon et un séchage à usage unique effectivement disponibles, pas une bouteille vide et un rouleau terminé. Un lave-mains transformé en support de planche ou en égouttoir signale à lui seul une organisation fatiguée. Enchaînez sur la plonge : cherchez si le sale et le propre se croisent, si de la vaisselle propre s'égoutte à côté de bacs souillés, si les lavettes traînent mouillées sur un rebord. Ouvrez le lave-vaisselle, regardez les filtres et les bras de lavage, et vérifiez que les bidons de produit sont raccordés et non vides. Un coup d'oeil sur l'égouttoir de la vaisselle propre complète utilement cette étape.

Troisième étape, ce qui se trouve en bas et au fond. Les poubelles de cuisine se contrôlent couvercle fermé, sac non débordant, contenant propre à l'extérieur, et la question à se poser reste celle du trajet du sac vers le local déchets. Descendez ensuite le regard vers les sols : angles, dessous des équipements roulants, pieds de meubles, plinthes décollées, résidus dans les rainures de carrelage. Soulevez au moins une grille de siphon et regardez ce qu'il y a dessous, en gardant à l'esprit qu'une odeur persistante indique le plus souvent une évacuation encrassée ou un siphon désamorcé. Ces zones basses sont celles que les équipes voient le moins et qu'un professionnel regarde en premier, parce qu'elles racontent l'entretien de fond bien mieux qu'un plan de travail essuyé.

Terminez par la réserve et par un test documentaire. En réserve, contentez-vous de quatre réflexes : rien au sol, produits d'entretien à l'écart des denrées, paquets ouverts refermés et datés, aucun indice de passage de nuisibles sur les emballages ou dans les angles. Puis prenez un document au hasard, sans le choisir : un relevé de température de la semaine, un bon de livraison, une fiche de nettoyage. Confrontez-le à ce que vous venez de voir. Si le relevé annonce une valeur que votre thermomètre dément, ou si le bon mentionne un lot que vous ne retrouvez nulle part, vous tenez le constat le plus significatif de votre demi-heure. Ce tirage aléatoire est exactement la mécanique qu'un agent applique.

Ce format court ne dit rien de plusieurs sujets lourds : la cohérence globale de votre plan de maîtrise sanitaire, l'analyse des dangers propre à vos recettes, la gestion des allergènes sur l'ensemble de la carte, la validité des couples temps et température de vos refroidissements, ou l'organisation de la marche en avant sur une journée entière. Il sert d'alerte, pas de diagnostic, et son résultat dépend de votre propre exigence au moment où vous le faites. Pour un examen complet, avec notation, identification des cas critiques et plan correctif écrit, un passage extérieur reste l'outil adapté, sachant qu'il s'agit d'une démarche privée dépourvue de portée administrative. La page contact permet d'en poser les modalités et d'indiquer les zones qui vous inquiètent le plus.

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