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Les preuves et documents

Comment tenir mes relevés de température correctement ?

Un relevé utile dit qui a mesuré, sur quelle enceinte, à quel moment, quelle valeur a été lue et ce qui a été fait quand la valeur sortait de la cible. Vous désignez les personnes chargées de la lecture, vous fixez un rythme tenable et vous consignez la valeur réelle, même mauvaise. Les enceintes froides positives se tiennent couramment entre 0 et +4 °C selon la catégorie de denrée, la congélation à -18 °C ou moins, et l'arrêté du 21 décembre 2009 en fixe le détail. Un registre sans le moindre écart sur des mois inspire plus de méfiance qu'un registre imparfait mais corrigé.

Le détail

Tout commence par la désignation des personnes qui mesurent. En cuisine, la lecture des enceintes froides se cale sur des moments où quelqu'un passe déjà devant les portes, à l'ouverture et en fin de service. Chaque enceinte porte un nom stable, réserve froide, tour réfrigéré du chaud, armoire à poisson, cellule, congélateur du sous-sol, et ce nom se retrouve à l'identique sur la fiche et sur la porte. Vous notez la valeur lue, l'heure et les initiales de celui qui a lu. Une fiche anonyme, où personne ne signe jamais, perd l'essentiel de sa valeur puisqu'elle ne permet plus de remonter à un opérateur ni de vérifier qu'un passage a réellement eu lieu. Deux lectures fiables par jour valent mieux que six lectures recopiées de mémoire au moment de ranger.

Le support importe moins que sa cohérence. Une fiche mensuelle affichée sur la porte de chaque enceinte, avec une ligne par jour et une colonne par passage, se remplit sans effort et se contrôle en quelques secondes. Y figurent la cible attendue pour l'enceinte concernée et la case réservée à la remarque. Distinguez bien la température affichée par le thermostat, qui reflète l'air à un endroit précis, et la température mesurée avec une sonde placée entre deux produits, qui reflète la denrée. Les deux se complètent. Pour les enceintes positives, la cible courante se situe entre 0 et +4 °C selon la catégorie de denrée, une chambre froide positive étant souvent tenue entre 0 et 3 °C, et les surgelés attendent -18 °C ou moins.

Un écart n'est pas une faute, c'est un événement à traiter. La bonne réaction consiste à écrire la valeur telle qu'elle est, puis à décrire dans la même ligne ce que vous en avez fait: porte mal fermée refermée, denrées déplacées vers une autre enceinte, prestataire frigoriste appelé, produits sensibles écartés de la vente, seconde lecture une heure après pour vérifier la redescente. La trace de l'action corrective vaut autant que la mesure elle-même, parfois davantage, parce qu'elle démontre que votre système sait détecter puis réagir. Sans cette trace, un chiffre hors cible reste une anomalie constatée et abandonnée. Avec elle, il devient la preuve d'une maîtrise vivante, ce que recherche justement un agent quand il feuillette votre classeur.

Le registre trop parfait trahit son auteur. Des colonnes remplies d'une seule écriture, du même stylo, avec des valeurs qui varient à peine et sans un seul jour manquant y compris le lundi de fermeture, racontent un remplissage a posteriori plutôt qu'un suivi quotidien. Le contraste saute aux yeux quand la fiche affiche des valeurs impeccables alors que le thermomètre de l'enceinte, au moment de la visite, indique tout autre chose. Mieux vaut assumer les trous et les écarts corrigés. Si une journée n'a pas été relevée parce que le coup de feu a débordé, une mention brève suffit. La crédibilité d'un enregistrement se construit sur ses imperfections assumées, pas sur une régularité de machine que personne ne tient réellement en cuisine.

Face à vous, l'agent croise les sources. Il compare la fiche du jour avec l'afficheur de l'enceinte, sonde une denrée au hasard, regarde si le produit contrôlé se situe dans la zone de multiplication microbienne comprise entre +10 et +63 °C, et vérifie que vos fiches de refroidissement racontent bien un passage de +63 °C à +10 °C dans le cadre de temps que vous vous êtes fixé, la cible courante étant deux heures. Il regarde aussi la remise en température et le maintien au chaud, attendus à +63 °C. Les températures de conservation relèvent de l'annexe I de l'arrêté du 21 décembre 2009 et varient selon la catégorie de denrée. Les valeurs chaudes relèvent de son annexe IV, applicable à la restauration collective : en remise directe, l'agent regarde ce que votre plan de maîtrise sanitaire a retenu et si vous vous y tenez. L'interprétation de l'ensemble appartient à l'agent et dépend du contexte constaté sur place.

S'auditer sur ce point demande peu de temps. Prenez votre classeur, choisissez trois journées au hasard dans le mois écoulé, et demandez-vous si un lecteur extérieur comprendrait sans explication qui a mesuré quoi. Sortez ensuite votre thermomètre et comparez, enceinte par enceinte, la réalité de l'instant avec ce que la fiche annonce d'habitude. L'écart entre les deux vous dira l'état réel de votre suivi. Un audit hygiène mené sur place par notre cabinet reprend cette vérification de façon systématique, enceinte par enceinte, avec une notation, le repérage des cas critiques et un plan correctif écrit. Ce label privé et indépendant ne remplace jamais un contrôle des services de l'État. Pour organiser une visite, passez par la page contact.

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