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S'auditer soi-même

Comment hiérarchiser ce que je dois corriger en premier ?

Trois filtres, dans cet ordre. Traitez d'abord ce qui peut rendre un client malade : rupture de la chaîne du froid, contamination croisée, main non lavée faute de savon, denrée sans identification. Ensuite ce qu'un agent verrait immédiatement en entrant, car le visible oriente tout le regard d'une visite. En dernier le documentaire, qui se rattrape, mais qui doit être rattrapé. Croisez ce classement avec un second axe, celui des moyens : ce qui se règle le jour même, ce qui demande un achat, ce qui demande des travaux. Écrivez un plan correctif avec un responsable nommé et une échéance que vous fixez vous-même, puis vérifiez que la correction tient.

Le détail

Le premier tri ne se discute pas : ce qui peut rendre un client malade passe devant tout le reste. Concrètement, cela vise les denrées maintenues dans la zone comprise entre +10 et +63 °C, une chambre froide positive qui ne tient plus la plage courante de 0 à +4 °C, un congélateur au-dessus de -18 °C, un refroidissement incapable de faire descendre une préparation de +63 °C à +10 °C dans le temps visé, une contamination croisée entre le cru et le prêt à consommer, un lave-mains hors service ou dépourvu de savon, une denrée entamée dont plus personne ne sait la date d'ouverture. Ces points se traitent le jour même où vous les constatez, quitte à retirer un plat de la carte.

Vient ensuite ce qui se voit en franchissant la porte. Ce critère surprend, il compte pourtant : la première impression oriente la suite d'une visite, et un agent qui découvre une cuisine encombrée, un sol gras, une poubelle ouverte au milieu du passage ou des cartons empilés au sol regardera le reste avec davantage d'attention. Cette catégorie regroupe l'état général des surfaces, le rangement, la propreté des poignées, des interrupteurs et des dessous d'équipement, la tenue du personnel, l'état des vestiaires et du local à déchets. Rien de cela n'atteint la gravité d'une rupture de la chaîne du froid, mais tout se corrige vite et modifie la lecture d'ensemble. Le rapport entre effort et effet y est excellent.

Le documentaire arrive en troisième position, sans jamais quitter la liste. Relevés de températures, plan de nettoyage émargé, traçabilité des produits reçus, étiquetage des denrées entamées, procédures du plan de maîtrise sanitaire, suivi des non-conformités : ces éléments ne rendent personne malade, mais leur absence rend impossible la démonstration que vous maîtrisez quoi que ce soit. Le principe retenu par la réglementation est que ce qui n'est pas enregistré ne peut pas être vérifié. Méfiez-vous du piège inverse, très répandu : remplir les documents en une seule fois pour rattraper le retard produit des relevés parfaits qui ne correspondent à rien, et un cahier trop régulier attire l'attention plus sûrement qu'un cahier honnête avec ses écarts et ses corrections.

Croisez ce classement avec une question de moyens, sinon votre plan restera lettre morte. Séparez ce qui se règle dans la journée sans rien dépenser, ranger, jeter, nettoyer, réétiqueter, déplacer un produit d'entretien, remettre du savon et du papier. Puis ce qui demande un achat simple, thermomètre, sondes, bacs gastro, film alimentaire, contenants hermétiques, poubelle à commande au pied, étagères pour sortir les cartons du sol. Puis ce qui demande une intervention technique, un dépannage de groupe froid, un dégraissage de réseau, un débouchage. Enfin ce qui demande des travaux, une reprise de sol, un percement pour installer un lave-mains, une modification de circuit. Chaque catégorie a son rythme propre, et les mélanger dans une seule liste garantit que rien n'avance.

Un plan correctif utile tient sur une page et comporte cinq colonnes : le constat, l'action décidée, la personne qui en a la charge, l'échéance que vous fixez, et la preuve qui permettra de dire que le point est clos. La preuve est la colonne que tout le monde oublie, et c'est elle qui fait la différence : une facture d'intervention, une photographie du poste corrigé, un relevé qui repasse dans la plage attendue. Nommez toujours une personne, jamais la cuisine ni l'équipe, car une tâche confiée à tout le monde n'est confiée à personne. Prévoyez enfin une revue où vous reprenez la liste ligne par ligne, parce qu'une correction non vérifiée retourne presque toujours à son état antérieur.

Deux réflexes ruinent les meilleurs plans. Le premier consiste à commencer par le facile, ce qui donne l'impression d'avancer pendant que le point dangereux reste en place. Le second consiste à tout lancer le même jour, ce qui épuise la brigade et laisse la moitié des chantiers ouverts. Prenez peu de lignes à la fois, mais fermez-les vraiment. Si la hiérarchisation vous paraît difficile à établir seul, c'est précisément ce qu'apporte un audit sur place : la notation situe la gravité relative des écarts, les cas critiques sont isolés et le plan correctif remis arrive déjà ordonné. Ce document relève d'une démarche privée et n'engage aucune administration. La page contact permet d'en préciser le cadre pour votre établissement.

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